Issenheim, propriété de Murbach
L'abbaye bénédictine de Murbach est fondée en 728 par le Comte EBERHARD, frère du dernier duc d'Alsace et par Saint Pirmin, abbé de Reichenau.
Le Comte, possesseur d'immenses domaines, fait plusieurs donations en faveur de la jeune abbaye. Murbach se dote d'une assise territoriale très étendue. Cette puissance entraîne l'existence de nombreux vassaux. Elle excite également la convoitise des seigneurs laïcs.
Issenheim, possession des Habsbourg
En 1259, les Comtes de HABSBOURG comptent l'avouerie formée par Issenheim et Merxheim parmi les fiefs qu'ils tiennent de Murbach. Les Comtes de HABSBOURG sont les avoués généraux de Murbach. L'institution de l'avouerie est à l'origine de nombreuses usurpations. Les avoués ont tendance à considérer les terres protégées comme leurs biens propres.
En 1291, Rodolphe de HABSBOURG cède cette avouerie à l'abbaye, en échange de biens situés à Lucerne.
Les seigneurs « De Hus d'Issenheim »
En 1309, le duc d'Autriche prend Ulrich de HUS au nombre de ses vassaux ; pour 40 Marks en argent. Il lui garantit annuellement, jusqu'au paiement de la somme, 20 quarts d'avoine (un quart=un viertel =un rézal = 116,24 litres) et de seigle des impôts d'Ensisheim. C'est ainsi que l'alleu des nobles de HUS devient fief.
Un autre noble de HUS, Jean ULRICH, est seigneur d'Issenheim avant 1342. Avec le consentement d'Albert duc d'Autriche, Jean de HUS lègue, en 1351, à ses cousins germains le château et le village d'Issenheim. Ainsi au cas où il décéderait sans héritier féodal, ses biens resteraient entre les mains des membres de la grande famille de HUS.
En 1358, Jean Ulric de HUS et son cousin (dont les archives omettent le nom) tiennent ce fief. En 1387, Hennemann de HUS en est investi. En 1399, son fils Jean Ulric hypothèque, pour 300 florins, la forteresse d'Issenheim à un certain Hennmann WINCKLER de Sélestat. Le Duc Léopold d'Autriche consent à cet engagement à condition que le seigneur de HUS rembourse cette somme en l'espace de deux ans ; sinon tous les biens relevant de la Maison d'Autriche seront hypothéqués au Duc.
Jean Ulric de HUS est un personnage cruel, peu scrupuleux de l'observation des lois en vigueur. De nombreux documents d'archives relatent les mauvais traitements qu'il fait subir aux Antonins. Plusieurs accomodements seront nécessaires pour régler définitivement les différents qui subsistaient entre les deux parties.
Avec ce seigneur, s'éteint en 1430, la lignée masculine des de HUS d'ISSENHEIM.
En 1432, les HABSBOURG engagent la seigneurie d'Issenheim à Jean VOLKER de Sulzbach. En 1441, Jean VOLKER fonde et établit une chapellenie perpétuelle dans l'église du couvent des Antonins.
En 1460, la seigneurie passe aux SCHAUENBOURG. La même année, Frédéric de SCHAUENBOURG enlève et enferme dans sa forteresse d'Issenheim trois margraves de BADE parmi lesquels l'évêque Georges de Metz. Les villes et la chevalerie forment l'essentiel de l'armée envoyée à Issenheim pour libérer les trois prisonniers. A la suite de cet incident, la seigneurie est engagée, en 1461, à Pierre de MORIMONT.
Les seigneurs engagistes
Les seigneurs engagistes sont la grande originalité de la noblesse des états de l'Autriche antérieure. Ce ne sont ni des vassaux, ni des protégés, ni des officiers du suzerain. Le mécanisme de l'engagement est le suivant. En cas de nécessité financière, le prince hypothèque une partie de ses droits ou redevances contre une forte somme d'argent payable au comptant ou à très brève échéance. Les engagistes s'emparent du domaine du suzerain et s'arrogent un rôle de commandement. Ils ne sont qu'une petite dizaine. En 1468, Pierre de MORIMONT cumule allègrement les seigneuries de Belfort, Issenheim, Rose-mont et Angeot, sans compter ses fiefs personnels. Il seconde alors le margrave Charles de BADE, beau-frère de l'Empereur, à la tête du gouvernement des états de l'Autriche antérieure.
En 1497, Issenheim est le théâtre d'une opération militaire de grande envergure.
Au cours du 16e siècle, on assiste à l'entrée d'une noblesse d'argent qui ne réside pas sur place. A Issenheim, la seigneurie passe aux FUGGER, une famille de financiers originaires d'Augsbourg. Vers 1560, elle est à nouveau engagée à la famille de SCHAUENBOURG.
A la veille de la guerre de trente ans, la seigneurie d'Issenheim qui se compose des trois prévôtés d'Issenheim, Merxheim et Raedersheim est la plus petite seigneurie autrichienne en Alsace.














